Alimenter la réflexion, nourrir l'action

Année charnière pour le secteur Aide à la jeunesse (AAJ), 2025 a été marquée par le lancement du plan quinquennal de la ministre Valérie Lescrenier, la préparation des Assises de l'AAJ et plusieurs avancées concrètes – normatives, barémiques et institutionnelles – obtenues grâce à la mobilisation constante d'UNESSA, aux côtés de l'Inter-Fédération de l’Aide à la jeunesse. Le secteur n'a pas subi de coupe budgétaire en 2025. Mais, la complexification des parcours des jeunes est telle, qu'une augmentation de moyens est légitimement réclamée par le terrain pour y faire face.

L'année écoulée a été structurée par l'élaboration du plan quinquennal porté par la ministre Lescrenier, doté d'une enveloppe de 40 millions d'euros sur quatre ans. L’équipe AAJ d’UNESSA s'est investie dans le groupe de travail « plan quinquennal » de l’Inter-Fédérations de l’Aide à la jeunesse mis sur pied pour co-construire le plan quinquennal, peser sur les arbitrages et leurs traductions opérationnelles. L’équipe a également accompagné la préparation des Assises de l'AAJ – vaste processus participatif organisé en Fédération Wallonie-Bruxelles – en y envoyant des représentants de différents services affiliés pour faire entendre la voix du terrain sur la prévention, la coordination intersectorielle et la diversification des prises en charge.

Des avancées concrètes pour les services et leurs équipes

Plusieurs avancées sectorielles ont jalonné 2025. Pour les Services résidentiels généraux (SRG), un nouvel arrêté a fait passer la norme d’encadrement psychosociale de 0,75 à 1 équivalent temps plein. Pour les Services d’accrochage scolaire (SAS), le taux de charge (coefficient de subventionnement) de l'enseignement a été aligné sur les autres taux du secteur, et les financements APE devant être remboursés à l'AAJ n'ont finalement pas été réclamés aux acteurs en ayant bénéficié.

La création de places en Services résidentiels d'observation et d'orientation (SROO) et Services résidentiels généraux (SRG) à Bruxelles, dotée d'un budget de 2,2 millions d'euros, a été confirmée. Sur le dossier des Accueillants Professionnels en Famille (APF), UNESSA et l'Inter-Fédérations ont obtenu l'officialisation de l'appellation par la ministre, tout en continuant à porter les questions ouvertes – statut, financement, suivi des jeunes au-delà de 18 ans – pour un dispositif appelé à voir le jour début 2026.
Sur le plan statutaire et barémique, l'année a été riche en résultats tangibles. Une revalorisation barémique liée aux accords du Non-marchand a été mise en œuvre par CCT, avec effet rétroactif sur l'ensemble de l'année 2025. L'arrêté royal du 13 mai 2025 a rendu obligatoire la CCT du 29 juin 2023 sur la stabilité des contrats de la sous-commission paritaire 319.02. La prime de fin d'année a été indexée à 485,12 euros. L’équipe AAJ d’UNESSA a, par ailleurs, accompagné les affiliés face à l'abrogation des Régimes de chômage avec complément d'entreprise (RCC), en sécurisant les dispositions transitoires et la prévisibilité du dispositif.

Représenter, défendre et co-construire avec les autorités

Tout au long de 2025, l’équipe sectorielle a constamment été à l'écoute de ses affiliés et a tenté de peser sur les politiques publiques pour que les réformes soient co-construites plutôt qu'imposées.

Sur la réforme de la prévention et l'introduction de nouveaux indicateurs de performance, UNESSA a rappelé que les missions des structures d’Action en milieu ouvert (AMO) supposent une obligation de moyens et non de résultats, et que la prévention concerne tous les secteurs. Sur la perspective d'un gel des enveloppes triennales, une demande de « gel du gel » a été formulée, en mettant en évidence que l’impact financier sera très différent d’un service à l’autre.

Pour les AMO, UNESSA s'est montrée particulièrement réactive. L’équipe AAJ a rappelé les fondamentaux du secteur : caractère volontaire et non mandaté de l'intervention, préservation des missions de prévention sociale, et nécessité de ne pas restreindre la définition des jeunes vulnérables afin de garantir l'aide inconditionnelle et d'éviter le non-recours aux droits. L'atelier consacré à la définition de la vulnérabilité (table ronde sur la prévention) – organisé dans le cadre des Assises de l’Aide à la jeunesse – a permis de maintenir cette aide inconditionnelle au centre du dispositif. La collaboration avec l'Inter-Fédérations a, sur l'ensemble de ces dossiers, permis un travail de représentation efficace et cohérent auprès des autorités.

Un secteur en mouvement, soutenu par une forte cohésion

Début décembre 2025, UNESSA a organisé dans ses locaux la Journée sectorielle Aide à la Jeunesse. Après l'ouverture par Philippe Devos, directeur général d'UNESSA, Jean-Michel Longneaux est intervenu sur l'adaptation au changement sociétal, et Pascale Brillon a clôturé la journée sur la « vitalité de l'aidant ». Les ateliers participatifs – gestion du changement, développement du pouvoir d'agir, gestion du burn-out – ont rencontré un vif engouement. La journée, unanimement appréciée, a illustré la cohésion forte qui unit les affiliés du secteur, dans toute leur diversité. Côté affiliations, les Gentianes (Mons) ont créé un Service d'Accompagnement du PArrainage (SAPA), premier service de ce type à rejoindre la fédération, et de nombreux contacts ont été noués en vue d'élargir encore la représentativité du secteur en 2026.

L'année a aussi vu naître une collaboration avec le service EPI autour de la proposition de projet Labo-J, consacré aux compétences psychosociales des jeunes à l'ère numérique. Si le projet n'a pas abouti, il a malgré tout ouvert la voie à de nouvelles dynamiques transversales.

Au niveau de la gouvernance sectorielle, la responsable sectorielle Diane Englebert a quitté ses fonctions fin décembre dernier, ce qui a entrainé des complications vu son implication et ses compétences. UNESSA a engagé le processus de recrutement de son successeur qui s’est concrétisé cette année avec la prise de fonction d’Augustin Renier.

Cette passation de pouvoir n’a toutefois pas perturbé la désignation des enjeux 2026-2027 : suivi du gel éventuel du triennat, mise en œuvre concrète du plan quinquennal – en particulier la prise en compte de la vulnérabilité aggravée des jeunes depuis la crise COVID – et une attention soutenue à la situation bruxelloise, où le coût de l'immobilier reste particulièrement problématique. Une année qu'UNESSA résume par le titre choisi pour sa journée sectorielle : alimenter la réflexion, nourrir l'action.

Notre secteur Aide à la jeunesse en quelques chiffres :

UNESSA fédère 54 affiliés en Wallonie et à Bruxelles, rassemblant 81 services agréés :

  • 48 en Wallonie
  • 6 à Bruxelles

Représentativité d’UNESSA en Fédération Wallonie-Bruxelles : 22% (par nombre de services)

AideJeunesse-Region.png

AMO – Action en milieu ouvert
PEP – Projets éducatifs particuliers
SAS – Service d’accrochage scolaire
SASE – Service d’accompagnement, mission socio-éducative
SROO – Service résidentiel d’observation et d’orientation

Types de services : 

AideJeunesse-Services.png

SRG – Service résidentiel général
SROO-EVM – Service résidentiel d’observation et d’orientation au bénéfice d’enfants victimes de maltraitance
SRS – Service résidentiel spécialisé
SRU – Service résidentiel d’urgence
SAPA – Service d'accompagnement du parrainage

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