Cela fait des mois qu'UNESSA propose, suscite, interpelle, concerte. Des mois que ses affiliés du secteur Aînés - 89 maisons de repos (et de soins), 27 structures d'accueil et de soins de jour et 53 résidences-services, soit 71 % de l'offre associative privée en Wallonie - attendent des décisions, des avancées et qu’ils doivent se contenter du silence. Le résultat de tout ça ? Un ras-le-bol bien présent.

Vous aussi vous l’avez constaté ? Madame Huguette paraît « ailleurs », comme absente. Quelque chose et en train de changer dans la maison de repos. Ce n’est plus comme au début. Le personnel a encore moins de temps à lui consacrer ainsi qu’aux autres résidents. Il fait pourtant de son mieux… mais quelque chose est vraiment en train de changer…

La direction de la maison de repos de madame Huguette, comme tant d’autres, a déjà optimisé et réorganisé tout ce qui pouvait humainement et raisonnablement l'être. Nos maisons de repos associatives sont conscientes que les finances publiques doivent être assainies. Via UNESSA, elles ont-elles-mêmes mis sur la table des pistes concrètes pour y contribuer de manière responsable. Mais à force de demander dans le même temps toujours plus sur le terrain avec déjà de moins en moins, on ne tire plus sur la corde : on la casse.

Le débat n’est plus théorique. Il ne s’agit plus de savoir s’il faut faire des économies en Wallonie. Elles sont là, elles s’accumulent, et elles continueront.
La vraie question est ailleurs : que choisit-on de sacrifier entre la qualité, l'accessibilité et la continuité des soins ? UNESSA ne se prononcera pas. C’est une décision politique. Elle doit le rester. Que ceux qui décident, assument !

Le point de rupture : quand économies et charges deviennent explosives
Soyons clairs : UNESSA a joué le jeu pour 2027. La fédération a défendu que l'on recherche les économies qui allaient impacter le moins possible le fonctionnement des maisons, le moins possible la qualité de l’accompagnement et de la prise en soins, le moins possible les professionnels qui y travaillent. La fédération a défendu que l'on tienne enfin compte de l'effet cumulatif des décisions prises à tous les étages de la maison Belgique.

Aux économies déjà identifiées pour 2027 en Wallonie, s’ajoutent, pour nos maisons de repos affiliées, la taxe sur le patrimoine des ASBL, la réforme de la TVA, la cotisation de solidarité, le coût de la cybersécurité, une inflation persistante, la révision taxatoire du précompte immobilier, des frais de fonctionnement en hausse, des investissements publics dans l’infrastructure aux abonnés absents depuis 2017 … Et ne parlons pas du nouvel effort budgétaire wallon qui doit être discuté en septembre. Le gouvernement Dolimont le chiffre globalement à 2 milliards d’EUR d’ici à 2029. D’après nos informations, rien qu’au niveau de l’AVIQ, cela représenterait un « effort » budgétaire supplémentaire de 300 millions par an !  Le cocktail est explosif.

« Faire moins avec moins » : la seule vérité qu'« ils » refusent d'entendre
Toute économie doit être assortie d'une réduction proportionnelle des exigences imposées aux établissements. On ne peut pas exiger le même niveau de qualité, le même taux d'encadrement, un projet de vie pour chaque résident, tout en retirant les moyens pour les assurer. « Faire moins avec moins » est la seule voie réaliste. En restant qualitatif pour les personnes qui habitent nos maisons. Mais en ne perdant plus son temps à des rapportages à faire parce qu’il faut les faire mais qu’on n’exploite plus, faute de temps. « Faire mieux avec moins » est un mensonge. La fédération refuse d'en être complice.

Ce que réclame UNESSA n'a rien de révolutionnaire : garantir la pérennité de la mission fondamentale d’hébergement et d’accueil confiée au secteur, garantir la stabilité de son financement, reconnaître le rôle de premier plan du non-marchand dans la cohésion sociale, assurer une lecture transversale et cohérente des choix budgétaires, par-delà les cloisons institutionnelles. Derrière chaque euro retiré, il y a moins de temps pour madame Huguette, moins de présence auprès de monsieur Jean, moins de dignité au crépuscule d'une vie.

La vraie question n'est plus budgétaire. Elle est de société : quelle place voulons-nous réserver à nos aînés et, demain, à nous-mêmes ?

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