Bruxelles a enfin un gouvernement. Après 613 jours de négociations, on ne peut plus parler d’un accouchement : le bébé a carrément déjà commencé à marcher. Du moins, c’est ce qu’on voudrait : que la nouvelle coalition passe, sans transition, de la naissance à la mise en action. 

Pour UNESSA, à Bruxelles, cela ne relève pas juste de la métaphore. Nos affiliés y sont particulièrement présents dans plusieurs secteurs, et notamment dans l’enfance, qui constitue l’un de nos pôles importants dans la capitale. Or sur le terrain, les signaux sont déjà préoccupants. 35 places d’accueil ont récemment été fermées dans le cadre du partenariat FSE-Actiris.

Faute d’indexation suffisante des subsides, certains pouvoirs organisateurs réduisent les heures d’ouverture pour préserver la qualité de l’encadrement. Et l’absence prolongée d’un gouvernement de plein exercice a aussi gelé des subsides d’infrastructure, avec des travaux reportés — ou carrément stoppés. Résultat : moins de places, moins d’emplois, moins de solutions pour les familles.

La nouvelle déclaration de politique régionale parle de social, de santé, de prévention, de soutien aux familles et de cohésion. Très bien. Nous applaudissons volontiers les intentions. Mais, comme chacun sait, dans le non-marchand, les intentions ne gardent pas les enfants entre 7h30 et 18h, ne paient pas les équipes et ne rénovent pas les bâtiments.

La situation des crèches est donc un exemple très lisible des conséquences de ces 613 jours sans gouvernement à Bruxelles. Les autres secteurs associatifs représentés par UNESSA en Région bruxelloise sont aussi largement impactés. Malgré une reconnaissance de leur rôle, les organismes d’insertion socioprofessionnelle ont souffert : de décisions retardées, de budgets incertains. L’aide à la jeunesse a fonctionné et fonctionne toujours en flux tendu avec un déficit de visibilité accru quant à ses perspectives, Et n’oublions pas que la Région souhaite un retour à l’équilibre budgétaire en 2029, en passant par des économies reposant à 80% sur la « maîtrise structurelle des dépenses ».

À UNESSA, nous serons donc heureux de passer rapidement du commentaire politique à quelque chose de plus concret : des décisions, des moyens et de la stabilité. Parce que l’associatif, à Bruxelles, ce n’est pas un détail budgétaire : C’est ce qui permet aux enfants de bien démarrer, aux jeunes en difficulté d’être soutenu efficacement pour rebondir et aux personnes éloignées du marché du travail de se (ré)insérer. Bref, c’est ce qui permet à la société de tenir debout et de bien marcher.

Philippe Devos
Directeur général, UNESSA

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