À l’intersection du soin, des institutions et des grandes questions de société, le service Éthique et Société d’UNESSA mène un travail de fond essentiel. À travers la revue Ethica Clinica, les visites d’accompagnement dans les services affiliés et de nouvelles pistes de sensibilisation, l’année 2025 s’annonce dense et ambitieuse.
En 2024, Ethica Clinica, la seule revue francophone belge spécialisée dans l’éthique des soins (au sens large) a continué de jouer un rôle central dans les activités du service. Quatre éditions sont sorties de presse : Intelligence artificielle : pour le meilleur et/ou pour le pire ?, À quand un système de santé éco-responsable ?, La nutrition, un soin à part entière, et Evras, suivons le guide ? Chaque numéro prend forme après un travail de fond : définition annuelle des thématiques, identification des auteurs, relecture, réécriture et parfois réalisation d’interviews.
Outre ces quatre numéros, 2024 aura également été l’année de la préparation au passage à l’ère numérique de la revue. Un gros travail a, en effet, été fourni pour mettre à disposition sur le nouveau site internet d’UNESSA, les articles et les numéros en format numérique.
Ouvrir Ethica Clinica à d’autres secteurs
L’ambition est également d’élargir la portée de la revue à d’autres secteurs. Un axe de développement affirmé, avec la volonté d’aborder des sujets transversaux, tels que le secret professionnel, figurant en bonne place dans les projets éditoriaux à venir.
Une présence de terrain pour accompagner les dilemmes éthiques
Au-delà de la revue, le service Éthique et Société intervient auprès des affiliés et de leurs équipes, sur le terrain même de leurs interrogations. En se rendant dans les établissements, il s’agit d’apporter un éclairage et un soutien face à des situations délicates ou complexes auxquelles les équipes sont confrontées.
Certaines questions reviennent de manière récurrente : comment gérer la demande d’un patient en soins palliatifs qui souhaite être euthanasié immédiatement ? Quelle posture adopter face à des conflits entre soignants, patients et proches, notamment autour du dossier patient informatisé ? Ou encore : jusqu’où peut aller le respect du secret professionnel ? Autant de questionnements pouvant s’ériger en véritables dilemmes éthiques nécessitant un regard extérieur, bienveillant, mais aussi lucide et pragmatique.
Interventions stables
Même si le nombre d’interventions reste relativement stable, certains établissements font appel plus régulièrement à ce service, soit parce que les problématiques persistent, soit parce que le manque de temps empêche les équipes de les résoudre seules.
Il faut toutefois noter que de nombreuses situations doivent être traitées dans l’urgence, ce qui limite parfois le recours à une intervention externe immédiate. Le service Éthique et Société d’UNESSA peut alors intervenir a posteriori. Ainsi, la montée des faits de violence ne fait que se confirmer. Bien que ces situations soient souvent gérées sur le moment par les institutions, des réflexions a posteriori sont proposées afin d’engager un dialogue sur la violence institutionnelle et les moyens d’y faire face.
Les hôpitaux généraux et psychiatriques demeurent les lieux les plus fréquemment concernés par les interventions du service, tandis que les maisons de repos, les services pour personnes en situation de handicap ou encore les AMO (services d’aide en milieu ouvert), sont concernés de manière plus ponctuelle. Dans certains cas, des démarches de fond, comme la rédaction d’une charte de valeurs en concertation avec les directions et le personnel sont également initiées.
Réseaux, projets et perspectives
En parallèle de ces missions, le service Éthique et société participe à des comités d’éthique hospitaliers et à des travaux du Réseau Santé Louvain. Un panel d’activités qui illustre l’ancrage du service dans une dynamique interinstitutionnelle de réflexion partagée.
Pour les mois à venir, plusieurs pistes de projets émergent. Parmi elles, la création d’une « boîte à outils » éthique destinée aux professionnels confrontés à l’urgence. L’idée : leur offrir des repères concrets et accessibles dans des situations critiques.
Autre réflexion en germe : proposer un accompagnement éthique aux gestionnaires eux-mêmes. Car si le personnel de soins est confronté à de nombreux dilemmes, son management n’est pas en reste.
Comment prendre des décisions justes dans un monde en mutation ? Comment adapter les modes de gouvernance aux nouvelles générations ? Ces interrogations sont aujourd’hui au cœur des crises de sens, du désengagement professionnel, voire des pénuries de personnel. Il s’agirait dès lors d’engager un véritable dialogue éthique avec les dirigeants, pour repenser ensemble les valeurs qui fondent les choix managériaux.