L'éthique en action : entre accompagnement, réflexion de terrain et transformation des pratiques

À l'intersection du soin, des institutions et des grandes questions de société, le service Éthique et Société d'UNESSA mène un travail de fond essentiel. À travers la revue Ethica Clinica, les visites d'accompagnement dans les services affiliés et de nouvelles pistes de sensibilisation, 2025 aura été une année dense et ambitieuse, marquée par l'ancrage durable de la revue dans l'ère numérique et par l'élargissement des thématiques abordées.

En 2025, Ethica Clinica, seule revue francophone belge consacrée à l’éthique en santé, a continué de jouer un rôle central dans les activités du service. Quatre éditions sont sorties de presse : Pénurie de soignants : quelles solutions ? (n°117), Le soin relationnel (n°118), puis un dossier en deux volets, Des mal-soignés ? Où ça ? (n°119 et n°120). Chaque numéro prend forme après un travail rigoureux : définition annuelle des thématiques, identification des auteurs, relecture des textes, évaluation et suivi des corrections,  et parfois réalisation d'interviews.

Une revue qui s'ouvre à d'autres secteurs

Pleinement installée dans sa dimension numérique, la revue est désormais réorganisée sur le site internet d'UNESSA, où articles et numéros sont mis à disposition au format digital. Cette nouvelle configuration mobilise à elle seule près des trois quarts du temps de travail de sa responsable et permet une diffusion plus large des contenus auprès du public et des professionnels du soin.

En cours de déploiement, l'ambition de la revue est également d'élargir la portée de la revue aux divers secteurs couverts par la fédération. 

Une présence de terrain pour accompagner les dilemmes éthiques

Au-delà de la revue, le service Éthique et Société intervient également auprès des affiliés et de leurs équipes, sur le terrain même de leurs interrogations. En répondant aux demandes des établissements, il s'agit d’accompagner la réflexion éthique sur le terrain, soit pour relire des situations difficiles, réfléchir à des enjeux d’avenir, ou contribuer à rechercher des solutions concrètes à des situations délicates ou complexes auxquelles les équipes sont confrontées.

Certaines questions reviennent de manière récurrente : comment arbitrer entre des impératifs parfois contradictoires de qualité, de sécurité et de continuité de l’accompagnement ? Comment faire place à la parole des personnes concernées dans des contextes marqués par des tensions organisationnelles, des contraintes de ressources ou des logiques de procédure ? Que faire lorsqu’un outil numérique, un dispositif d’aide à la décision ou une innovation technologique modifie concrètement les pratiques, les responsabilités ou les relations de care ? Comment soutenir des équipes confrontées à des dilemmes de management, à des conflits de valeurs, à des formes d’usure professionnelle ou à des rapports de pouvoir difficiles ? Autant de situations qui, dans les secteurs du soin, du social, du handicap, de la petite enfance ou de l’accompagnement du quotidien, peuvent faire émerger de véritables questions éthiques, appelant un regard extérieur, attentif, lucide et pragmatique. 

Des interventions stables, dans un contexte qui se tend

Même si le nombre d'interventions reste relativement stable, certains établissements font appel plus régulièrement à ce service, soit parce que les problématiques persistent, soit parce que le manque de temps empêche les équipes de les résoudre seules. De nombreuses situations doivent toutefois être traitées dans l'urgence, ce qui limite parfois le recours à une intervention externe immédiate ; le service peut alors intervenir a posteriori.

Ainsi, la montée des faits de violence ne fait que se confirmer. Bien que ces situations soient souvent gérées sur le moment par les institutions, des réflexions a posteriori sont proposées afin d'engager un dialogue sur la violence institutionnelle et les moyens d'y faire face. Les hôpitaux généraux et psychiatriques demeurent les lieux les plus fréquemment concernés par les interventions du service, tandis que les maisons de repos, les services pour personnes en situation de handicap ou encore les AMO (services d'aide en milieu ouvert) sont concernés de manière plus ponctuelle. Dans certains cas, des démarches de fond, comme la rédaction d'une charte de valeurs en concertation avec les directions et le personnel, sont également initiées.

Le service Éthique et Société répond également, dans la limite de ses possibilités, aux demandes de formation et de conférences émanant des affiliés. À ce titre, il accompagne les institutions dans leurs réflexions et contribue à nourrir les échanges sur des enjeux éthiques variés, en apportant un éclairage à la fois rigoureux, accessible et ancré dans les réalités de terrain.

Réseaux, projets et perspectives

En parallèle de ces missions, le service Éthique et Société participe à des comités d'éthique hospitaliers et aux travaux du Réseau Santé Louvain. Un panel d'activités qui illustre l'ancrage du service dans une dynamique interinstitutionnelle de réflexion partagée.

Pour les mois à venir, plusieurs pistes émergent. Parmi elles, la création d'une « boîte à outils » éthique destinée aux professionnels confrontés à l'urgence, afin de leur offrir des repères concrets et accessibles dans des situations critiques. Autre réflexion en germe : proposer un accompagnement éthique aux gestionnaires eux-mêmes. Comment prendre des décisions justes dans un monde en mutation ? Comment adapter les modes de gouvernance aux nouvelles générations ? Ces interrogations, au cœur des crises de sens, du désengagement professionnel et des pénuries de personnel, appellent un véritable dialogue éthique avec les dirigeants, pour repenser ensemble les valeurs qui fondent les choix managériaux.

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