14/18… Non, nous ne replongeons pas dans les tumultes de la Grande Guerre. Nous examinons une mesure qui pourrait grandement améliorer le soutien financier apporté aux institutions hébergeant nos aînés (MR-MRS).
Au cœur de la problématique : la couverture des coûts salariaux du personnel de soins subsidié, qui, année après année, s'érode dangereusement, alourdissant de plus en plus les charges financées sur fonds propres par ces établissements.
Malgré une austérité budgétaire imposée à tous les niveaux, il est vital pour UNESSA de défendre le principe d'un financement total du coût salarial pour le personnel soignant normé. Les maisons de repos ne peuvent pas/plus, seules, absorber ce fardeau supplémentaire sans mettre en péril leurs missions.
Financer l'anciènneté réelle
Pour répondre à cette urgence, UNESSA met sur la table une piste ambitieuse : instaurer une tranche d’ancienneté supplémentaire qui refléterait bien mieux la réalité du terrain. Concrètement, cela passerait par une tranche « 14 ans + » pour les aides-soignants, le personnel paramédical et de réactivation (kinésithérapeutes, logopèdes…), et une tranche « 18 ans et + » pour les praticiens de l’art infirmier. Ce changement viserait à aligner le financement de nos institutions sur la véritable ancienneté observée du personnel, souvent bien supérieure à celle prise en compte actuellement.
Aujourd’hui, le coût salarial correspondant à la dernière tranche financée d’ancienneté – « 12 ans et + » pour les soignants – est devenu insuffisant. Il ne couvre plus le salaire moyen constaté dans 23,55 % des établissements wallons où l’ancienneté moyenne des aides-soignants dépasse les 14 ans, ni dans 28,6 % des établissements où celle du personnel paramédical et de réactivation franchit elle aussi ce cap.
Même constat préoccupant chez les infirmiers : la tranche actuelle « 16 ans et + » ne permet plus de couvrir le salaire moyen dans plus d’un tiers (33,64 %) des établissements wallons, où l’ancienneté moyenne est supérieure à 18 ans.
Eviter de passer dans le financièrement intolérable
Quelles sont les conséquences de ce décalage ? Les surcoûts non financés liés au personnel normé sont absorbés, tant bien que mal, par nos maisons associatives… jusqu’à ce que les limites de leur capacité financière soient atteintes. Et alors, ce sont les résidents qui en paient le prix, parfois au détriment de leur bien-être.
Et pourtant, il y aurait de quoi se réjouir : une ancienneté élevée rime avec stabilité, fidélité et qualité de soins. Cela garantit aux résidents un environnement rassurant, porté par des valeurs fortes et une équipe investie. À l'heure où la pénurie de soignants fait rage, il n'est pas rare de voir des professionnels partir ailleurs, mais ceux qui restent font le choix du sens et de l'engagement.
Menace pour nos maisons et nos aînés
Alors, pourquoi sonner l’alarme ? Parce qu’à force d’accumuler des charges non financées sur les trésoreries des maisons associatives, c’est leur pérennité qui est menacée. Dans le secteur non marchand, chaque euro dégagé doit être réinvesti dans l’objet social de l’association ou de la fondation. Or, devoir utiliser ces marges pour combler le surcoût du personnel normé – qui devrait, en toute logique, être financé par la Wallonie – est tout simplement intenable. Il est temps d’agir, pour garantir le bien-être de nos aînés, le futur de nos maisons et de leur mission.