UNESSA prend acte de la proposition de principe relative à la réforme du paysage hospitalier belge. Cette note confirme qu’un consensus politique existe désormais sur la nécessité de transformer en profondeur l’offre de soins hospitaliers en Belgique, afin de préserver l’accessibilité, la qualité et la viabilité de notre système de santé.
Pour UNESSA, ce consensus est une étape importante. La réforme annoncée ne constitue pas un simple ajustement administratif : elle modifiera durablement l’organisation de l’offre hospitalière, la mission de certains sites, les équilibres territoriaux et les conditions concrètes d’accès aux soins pour les patients.
UNESSA tient à souligner que plusieurs éléments majeurs ont été obtenus par rapport à la note initiale des experts. Ces avancées permettent de mieux concilier la nécessaire transformation du paysage hospitalier avec les réalités de terrain, les besoins des patients et les contraintes des institutions :
- Un délai permettant aux sites qui souhaitent rester hôpital général régional de renforcer leurs activités et de consolider leur offre ;
- Une meilleure équité dans la prise en charge urgente à travers le pays, grâce à l’introduction d’une dérogation pour les sites situés à plus de 25 km d’un hôpital général régional ;
- La possibilité de créer, dans les centres hospitaliers de jour concernés, une prise en charge des soins non planifiés en journée, au maximum de 7 h à 23 h ;
- Un calendrier de transformation réaliste, laissant aux hôpitaux le temps d’anticiper, de décider et d’adapter leurs infrastructures ;
- La perspective d’un fonds de transition fédéral destiné à accompagner les coûts de réorganisation liés à cette vaste transformation.
« Cette réforme va profondément modifier le paysage hospitalier belge. L’enjeu est considérable : il s’agit de garantir des soins accessibles, sûrs et de qualité, tout en tenant compte de la pénurie de personnel, de l’évolution des besoins de santé et de la soutenabilité financière du système. UNESSA a plaidé pour une approche exigeante, mais réaliste. Nous nous réjouissons que plusieurs garanties essentielles aient été intégrées », souligne Philippe Devos
Décider vite, déployer lentement
UNESSA rappelle le principe qu’elle défend depuis le début des discussions : « décider vite et déployer sagement ». Les hôpitaux devront disposer d’une visibilité rapide sur l’avenir de chacun de leurs sites. Dans la proposition actuelle, les institutions auront jusqu’au 1er janvier 2028 pour déclarer aux autorités la destination future des sites qu’elles gèrent.
Cette clarification précoce est indispensable pour éviter l’incertitude prolongée, permettre un dialogue responsable avec les équipes, les médecins, les pouvoirs organisateurs et les autorités régionales, et préparer les investissements nécessaires.
Dans le même temps, la mise en œuvre effective pourra s’inscrire dans un temps long. Les hôpitaux pourront réaliser les aménagements architecturaux nécessaires jusqu’en janvier 2037. Cette temporalité est essentielle : transformer l’organisation hospitalière et la contre-réponse de la première ligne ne peut se faire ni dans la précipitation ni au détriment de la continuité des soins.
Des garanties pour l’accessibilité aux soins urgents
UNESSA se réjouit également de l’ajout d’une notion de dérogation pour les sites éloignés de plus de 25 km d’un hôpital général régional. Cette disposition constitue une avancée importante pour garantir une plus grande équité territoriale dans la prise en charge urgente.
Dans certaines zones, la distance, la géographie, les temps de trajet et la réalité des bassins de vie imposent de maintenir des réponses adaptées. La réforme doit renforcer la qualité et la cohérence de l’offre, sans créer de rupture d’accès pour les patients.
La possibilité d’organiser, dans certains centres hospitaliers de jour, une prise en charge des soins non planifiés en journée — de 7 h à 23 h — répond aussi à cette préoccupation. Elle permettra d’apporter une réponse intermédiaire, adaptée aux besoins locaux, dans un cadre défini avec les autorités compétentes.
Un accompagnement financier indispensable
UNESSA accueille enfin positivement l’annonce de la création d’un fonds de transition fédéral. La transformation du paysage hospitalier aura des conséquences organisationnelles, humaines, immobilières et financières majeures. Elle ne pourra réussir que si les hôpitaux et les Régions disposent des moyens nécessaires pour accompagner cette mutation.
Pour UNESSA, ce fonds de transition devra être suffisamment ambitieux, prévisible et adapté aux réalités des institutions. Il devra soutenir les coûts de réorganisation et permettre aux acteurs hospitaliers de mener la réforme sans fragiliser davantage des établissements déjà soumis à de fortes tensions budgétaires et humaines.
Une réforme à réussir avec les acteurs de terrain
UNESSA restera pleinement mobilisée dans les prochaines étapes de concertation. La réussite de cette réforme dépendra de sa capacité à articuler une vision nationale cohérente, des décisions régionales adaptées aux bassins de soins, et une mise en œuvre concrète avec les institutions concernées.
« Nous partageons l’objectif d’un paysage hospitalier plus lisible, plus robuste et mieux organisé. Mais cette réforme ne pourra être réussie que si elle respecte les besoins des patients, la réalité des territoires et la capacité opérationnelle des hôpitaux. Le consensus politique est une étape décisive ; il doit maintenant se traduire par une trajectoire claire, concertée et financée », conclut Philippe Devos.