Un psychologue, à qui on avait demandé la supervision d'une équipe de soin, proposa que les réunions auxquelles il assisterait se passent comme s'il n'était pas là. Un peu surpris, les membres de l'équipe acceptèrent. Mais à la troisième séance, certains s'impatientèrent.
« À quoi bon payer un psy, s'il reste là, assis, sans rien dire ? »
Sur ce, le psychologue prit la parole et expliqua que ce retrait lui avait été nécessaire pour faire des observations très intéressantes. Il avait en effet relevé tous les moments où le groupe avait ri. Et il exposa son hypothèse.
À part quelques exceptions, ces moments sont le plus souvent révélateurs d'une tension : soit on y parle d'enjeux de pouvoir (liés à des personnes), soit on y parle de sexe, d'argent, de mort, soit encore qu'il y avait un silence à meubler au plus vite, etc. Une façon de s'en sortir pour échapper au malaise qui guette, c'est de tourner le sujet qui fâche en ridicule : il n'est plus qu'une bonne blague. Le rire libère... et on peut passer à autre chose.
Par J.-M. Longneaux
Table des matières
- Les ruses de l'incertitude, par J. Van Hemelrijk
- Humour et médecine, par A. Lequeux
- Place et fonctions de l'humour dans les thérapies, par J. de Martino
- Quelques remarques sur le rire et l'humour dans la relation patient-médecin, par B. Hanson
- L'humour en médecine, par R. Gueibe
- L'humour, pour semer de l'espérance, par Paolo Doss